Ce que recouvre la consommation des parties communes

Contrairement aux logements individuels, le compteur des parties communes alimente des usages collectifs très variables selon la configuration de l'immeuble : ascenseurs, éclairage des halls et paliers (souvent en fonctionnement permanent dans les immeubles anciens), VMC collective, pompes de relevage, portails et digicodes, et le cas échéant chauffage ou eau chaude collectifs. Cette diversité d'usages rend la consommation difficile à comparer d'une copropriété à l'autre sans tenir compte du nombre de lots, de la présence d'un ascenseur ou du type de chauffage.

Le contrat correspondant est signé par le syndic au nom du syndicat des copropriétaires, ce qui implique une responsabilité particulière : le syndic engage juridiquement l'ensemble des copropriétaires sur la durée du contrat, alors même que le vote en assemblée générale ne porte souvent que sur le budget global et rarement sur le détail des conditions tarifaires négociées.

Pourquoi ce contrat est souvent sous-optimisé

Plusieurs raisons expliquent pourquoi l'électricité parties communes copropriété reste un point mort dans de nombreux immeubles :

Or, à l'échelle d'un immeuble de 30 à 50 lots avec ascenseur, l'écart entre un contrat compétitif et un contrat resté figé peut représenter plusieurs centaines d'euros par an répercutées sur les charges de chaque copropriétaire.

Comment vérifier la compétitivité du contrat

La démarche est la même que pour toute entreprise ou professionnel : un comparatif des fournisseurs d'électricité pro permet de situer le prix du kWh et l'abonnement actuels par rapport aux offres du marché, en tenant compte du profil de consommation spécifique des parties communes (puissance souscrite souvent modeste, mais présence éventuelle d'équipements gourmands comme un ascenseur ancien).

De nombreux syndics font appel à un courtier en énergie pour centraliser cette démarche sur l'ensemble de leur portefeuille d'immeubles, ce qui permet de mutualiser l'analyse et d'obtenir des conditions parfois plus favorables grâce au volume global négocié.

Un exemple chiffré à l'échelle d'un immeuble

Prenons une copropriété de 40 lots équipée d'un ascenseur, avec une puissance souscrite de 9 kVA pour les parties communes et une consommation annuelle de l'ordre de 8 000 kWh (éclairage, ascenseur, VMC, portail). Si le contrat en cours affiche un prix du kWh supérieur de 3 centimes à l'offre la plus compétitive du marché pour un profil comparable, l'écart annuel s'élève à environ 240 €, auxquels peuvent s'ajouter quelques dizaines d'euros liés à un abonnement mal calibré par rapport à la puissance réellement utilisée. Rapporté aux 40 lots, cet écart reste limité par copropriétaire, mais il s'additionne d'année en année si le contrat n'est jamais revu, et peut peser bien plus lourd dans un immeuble de plus grande taille ou équipé de plusieurs ascenseurs.

Ce type de vérification s'inscrit naturellement dans la mission du syndic, au même titre que le suivi des contrats d'entretien ou d'assurance de l'immeuble, sans nécessiter de vote spécifique en assemblée générale au-delà de l'approbation du budget global.

Un sujet qui rejoint les enjeux de mobilité électrique

L'électricité des parties communes prend une dimension nouvelle avec le développement des bornes de recharge en copropriété, qui s'appuient techniquement sur le tableau électrique commun de l'immeuble. L'installation de bornes pour les résidents pose la question du dimensionnement de la puissance souscrite globale et peut nécessiter une renégociation du contrat existant pour éviter les dépassements de puissance.

Faire vérifier le contrat de son immeuble

Que l'on soit syndic professionnel gérant plusieurs dizaines de copropriétés ou conseil syndical bénévole d'un seul immeuble, vérifier la compétitivité du contrat d'électricité des parties communes est une démarche rapide qui peut alléger les charges de tous les copropriétaires sans aucun changement d'usage.

Faire vérifier le contrat de son immeuble

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